:: Biographies


  • A

Alain de Lille — Alexandre VII


Alain de Lille (vers 1117-1203)

Théologien cistercien français, poète

Paraissant avoir enseigné à Paris, Alain de Lille prend part au concile de Latran, en 1179. Littérateur de renom, il écrit notamment  le poème De planctu naturae (Les Lamentations de la Nature), satire morale à plusieurs niveaux de lecture, dépeignant les pêchés du genre humain et une nature personnifiée.

Il combat l’émergence de la philosophie scolastique, en animant une réaction mystique qu’il décrit dans le détail dans son Anticlaudianus. Selon lui, la raison, que guide la prudence, peut découvrir d’elle-même les vérités de l’ordre physique, devant se fier à la foi pour le reste. On lui doit l’une des premières descriptions (partiale) du phénomène cathare.

Alexandre VII (1599-1667)

Pape de l’Église

Alexandre VII, né à Sienne sous le nom de Fabio Chigi, grandit dans une famille illustre. Son propre père est le neveu du pape Paul V. Nommé inquisiteur à Malte en 1634, Chigi entérine la condamnation du jansénisme, à la suite d’Innocent X, et met les Provinciales de Blaise Pascal à l’Index.

Il représente les États pontificaux lors des négociations préparatoires aux traités de Westphalie, après la guerre de Trente ans. Par la suite, Chigi crée le vicariat apostolique de la Nouvelle-France. Dans ces deux tâches, il affirme avec vigueur une hostilité logique au protestantisme.

Élu comme pape de l’Église en 1655, à la suite d’Innocent X, il prend alors le nom d’Alexandre VII. Au titre de son influence dans les arts, on lui doit la fin des travaux, place Saint-Pierre, avec la mise en place de la colonnade du Bernin.


  • B

Babeuf, François Balthasar (von), Hans Barère, Bertrand Benoît XVI


François Babeuf (1760-1797)

Archiviste, journaliste et homme politique français

François Babeuf, plus connu sous son surnom de Gracchus Babeuf (en référence aux Gracques romains) travaille dès la sortie de l’enfance. A l’âge de douze ans, il est terrassier au canal de Picardie. Engagé comme apprenti à Flixecourt, près d’Amiens, il se spécialise en parallèle dans le droit féodal.

En 1781, il se met à son propre compte comme géomètre, à Roye. Inspiré par Jean-Jacques Rousseau et les Lumières, il théorise une doctrine de collectivisation des terres et promeut l’égalité parfaite des hommes. Accusé d’incitation à la rébellion, il est arrêté en 1790. Mais Jean-Paul Marat le fait libérer. Babeuf devient athée, et se lance dans un éphémère Journal de la Confédération, puis Le Correspondant picard, plus durable. Ces deux titres appuient notamment une propagande contre le suffrage censitaire.

Élu dans la Somme en 1792, il siège à gauche, parmi les Montagnards, bien que critique des robespierristes, dont il dénonce le « populicide » vendéen. Après Thermidor An II, il lance une nouvelle feuille, Le Journal de la liberté de la France, puis complote contre le Directoire. C’est la conjuration des Égaux, qu’il paie de sa vie, en 1797. Au XIXe siècle, ses suiveurs le considèrent, ainsi que sa doctrine (le babouvisme) comme précurseurs du communisme.

Hans von Balthasar (1905-1988)

Prêtre et théologien suisse, jésuite

Hans von Balthasar effectue ses études chez les Bénédictins, puis il se spécialise dans la philosophie, à Vienne. Se sentant appelé par Dieu lors d’une retraite spirituelle à Bâle, il s’engage dans un doctorat sur l’eschatologie dans la littérature allemande, tout en commençant son noviciat, dans la Compagnie de Jésus.

Ordonné prêtre en 1936, Balthasar refuse un poste à l’Université grégorienne de Rome. Resté à Bâle, il se lie à Henri Sonier de Lubac, ce qui l’ouvre à la patristique des Pères de l’Église, conçus comme répondant à quatre « notes » (exigences). Quittant la Compagnie de Jésus (1950), il ne prend pas part au IIe concile du Vatican.

Bertrand Barère (1755-1841)

Juriste et homme politique français

Né à Tarbes, dans un milieu bourgeois, Bertrand Barère est fils de procureur. Lui-même procureur, puis Premier consul de Tarbes, il est désigné comme président des représentants du Tiers, aux assemblées des Etats de Bigorre. En 1770, il débute des études de droit. Il devient avocat au Parlement de Toulouse.

Intégré à la noblesse par sa femme, Elisabeth de Monde, il améliore ses réseaux et est notamment coopté dans la franc-maçonnerie toulousaine, au sein de la Loge encyclopédique. Fortuitement parti à Paris en 1788, dans le cadre d’un procès familial, il fréquente la Société des Amis des noirs et, surtout, s’implique en politique. Élu député du Tiers en Bigorre, Barère crée un journal modéré : Le Point du jour. Après la nuit du 4-Août, symboliquement, il abandonne les droits seigneuriaux dont il jouit à Vieuzac.

Soutien d’une monarchie constitutionnelle, il se fait toutefois admettre au sein du club des Jacobins, avant de s’en détacher lors de la scission de ses éléments les plus modérés, donnant la Société patriotique de 1789. Il redevient par la suite député à la Convention nationale. Siégeant dans la Plaine, il se rapproche de Robespierre. Présidant la Convention à partir de décembre 1792, il refuse l’appel au peuple demandé par les Girondins puis intègre le Comité de salut public.

► Benoît XVI (1927- )

Prélat et théologien catholique allemand, pape de l’Église

Fils d’opposants au nazisme, Joseph Ratzinger, après avoir été forcé à intégrer les Hitlerjugend (Jeunesses hitlériennes) refuse à dix-sept ans d’entrer dans la Waffen-SS (armée de la SS), aspirant à entrer au séminaire. Il doit toutefois participer à l’effort de guerre au sein de la Wehrmacht, mais déserte.

Ordonné prêtre par le cardinal Faulhaber, il est nommé archevêque de Freising (1977). Élevé au cardinalat, il devient préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Conservateur, il est élu en 2005 comme pape de l’Église catholique, succédant à Jean-Paul II. Premier pape allemand depuis Victor II le XIe siècle, il exécute un pontificat critiqué pour certaines de ses positions, sur l’homosexualité, l’Islam ou le génocide amérindien. Mais il affirme également une parole forte et innovante sur des sujets comme l’environnement et l’antisémitisme.

De manière totalement inédite, il annonce en février 2013 son souhait de renoncer à son pontificat, chose effective un mois plus tard. L’argentin Jorge Mario Bergoglio, ancien cardinal de Buenos Aires, lui succède alors, sous le nom de François. Benoît XVI prend depuis le titre de pontife romain émérite, et se retire au monastère Mater ecclesiae du Vatican, une communauté contemplative.


  • C

Calixte III — Chapsal, Jacques — Charles VII le Bien servi — Charles X — Charléty, Sébastien — Chávez, Hugo — Clément VII — Cohn-Bendit, Daniel — Colbert, Jean-Baptiste  Colomb, Christophe


Calixte III (1378-1458)

Pape de l’Église catholique

Né à Canals, dans le royaume de Valence, sous le nom d’Alonso de Borgia, il fait ses études à l’Université de Lérida, où il étudie le droit canon. Éloquent, il devient par la suite un professeur reconnu par ses pairs. Le roi d’Aragon, Alphonse V, le remarque. Il en fait son conseiller personnel.

Devenu évêque de Valence (1429), il bénéficie à plein de la conquête de Naples, alors sous l’égide de la Papauté.  Il est alors fait cardinal. A la mort de Nicolas V, en 1455 il participe au conclave devant désigner son successeur. Celui-ci s’éternise, mais, après l’échec de trois tours de scrutin, il est désigné comme pape, au bénéfice de l’âge. Il prend alors le nom de Calixte III.

Son pontificat débute dans un contexte d’expansion ottomane, quelques années après la conquête de Constantinople (actuelle Istanbul). Mais le pontificat de Calixte III est avant tout connu pour la révision du procès de Jeanne d’Arc.

Jacques Chapsal (1909-1990)

Historien et politiste français

Né à Villeneuve-sur-Yonne, près de Sens, Jacques Chapsal fait ses études secondaires à Paris, au lycée Buffon. En faculté, il se spécialise en droit et littérature. Sa thèse de droit, soutenue en 1934, porte sur la batellerie. Au terme de ses études, Chapsal obtient un poste à la Bibliothèque du Sénat.

Entré à l’Ecole libre des sciences politiques (ELSP, actuelle IEP-SciencesPo Paris), il prend en charge une conférence de méthodes, avant d’en devenir le secrétaire général, en 1939. Par la suite, alors que l’ELSP devient l’IEP de Paris, il en devient le directeur.

Chapsal poursuit sa carrière en devenant administrateur de la Fondation  nationale de sciences politiques (FNSP), qui administre l’IEP de Paris, en 1950. Il travaille alors à une vaste histoire de la vie politique française de son époque, dans les deux volumes de sa Vie politique sous la Ve République. En mémoire de son long passage à la direction de l’IEP — près de trente ans — un amphithéâtre y porte son nom.

Charles VII le Bien servi (1403-1461)

Roi de France

Fils de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, il naît à Paris. Enfant alors qu’éclate le conflit dynastique entre Bourguignons et Armagnacs, alors même que son père est fou depuis plusieurs années, il semble très compromis en tant que dauphin. En 1418, il manque même d’être capturé par les Bourguignons.

Réfugié à Bourges, il s’auto-proclame régent du royaume de France. Probable instigateur du meurtre de Jean sans Peur (1419), il venge de ce fait Louis d’Orléans, tué par les Bourguignons. En retour, le traité de Troyes le déshérite, au profit de la dynastie anglaise des Lancastre.

Son père mort en 1422, et bien que toujours à Bourges, il se proclame toutefois roi de France, sous le titre de Charles VII. Contesté, il voit sa légitimité singulièrement renforcée par l’intervention d’une jeune femme lorraine, prise de visions : Jeanne d’Arc. Celle-ci le convainc que lui soit accordée une armée, afin qu’elle lève le siège d’Orléans et fasse partir les Anglais du royaume. Après un succès inespéré à Orléans puis Patay (1429), elle et le roi chevauchent ensuite vers Reims, en vue d’un sacre très attendu.

Charles X (1757-1836)

Il naît à Versailles, sous le nom de Charles d’Artois. Baptisé tardivement (à quatre ans), il grandit dans une atmosphère familiale de deuil, marquée par la mort d’une fille du roi Louis XV, puis de son frère, le jeune duc de Bourgogne. Son éducation semble faible, compte tenu de ses faibles chances de régner.

C’est en effet son aîné qui monte au trône, en 1775, sous le nom de Louis XVI. S’intéressant tardivement aux choses politiques, Artois se raidit durant les premiers mois de la Révolution française. Il prend alors la tête d’une faction réactionnaire, en soutien à son frère. Il tâche alors d’écarter Jacques Necker, le principal ministre du roi. Apeuré par la prise de la Bastille, il émigre très tôt, dès le 16 juillet 1789. On le retrouve alors à Turin, au Royaume-Uni, puis en Saxe. Tâchant d’organiser une contre-révolution armée, il échoue. Artois se réfugie alors à Saint-Pétersbourg (1793). Échouant de nouveau à débarquer en France, à Yeu, avec le concours des Britanniques, il part à Londres.

Nommé lieutenant-général du royaume par son frère Louis XVIII, en 1814, il revient en France, par Nancy. Les Cent-jours le voient participer aux combats à Lyon, mais il doit fuir lorsque ses troupes fraternisent avec celles de l’empereur. Éloigné des affaires lors du retour du roi, il n’y revient que pour ceindre la couronne, en 1824.

Sébastien Charléty (1867-1945)

Historien français

Né à Chambéry, il effectue des études d’histoire en Sorbonne. Agrégé d’histoire et de géographie à vingt-trois ans, il part enseigner dans des lycées à Montauban, puis à Châteauroux et Caen. En 1899, Charléty est nommé maître de conférences. Il devient par la suite titulaire de la chaire d’histoire de Lyon.

En 1908, il part pour Tunis, où il dirige l’instruction publique et les beaux-arts. Il occupe par la suite la même fonction à Strasbourg. Charléty connaît l’apogée de sa carrière comme recteur de l’Académie de Paris. En 1931, il est par ailleurs élu à l’Académie des sciences morales et politiques.

Charléty se spécialise dans l’histoire de Lyon et celle de la politique française du XIXe siècle, rédigeant plusieurs livres : La Restauration, Histoire de la monarchie de Juillet, Histoire du saint-simonisme… Créateur de la Cité universitaire de Paris, il devient un personnage important au sein des milieux intellectuels. A la fin de sa vie, un stade est même inauguré en son nom : le stade Charléty. Il meurt dans sa ville natale de Chambéry. Des décennies après sa mort, son oeuvre fait encore autorité : ainsi, son livre sur la monarchie de Juillet est réédité, en 2018.

► Hugo Chávez (1954-2013)

Militaire et homme d’État vénézuelien

Né dans une famille pauvre de la région de Barinas, Hugo Chávez rejoint l’armée à dix-sept ans. Intéressé par l’Histoire et la politique et tant par Bolivar que par la gauche péruvienne, il fonde un mouvement socialiste au sein de l’armée, en 1983 : le Movimiento bolivariano revolucionario 200 (MB 200).

Le MB200 tente un coup d’État en 1992. Chávez n’y prend pas part, mais il est emprisonné durant deux ans. Libéré, il consolide son assise, jusqu’à être élu président du Venezuela, en 1998. Constamment réélu, il manque d’être renversé en 2002, par le grand patronat. Réélu en 2006 et en 2012, il pratique une démocratie référendaire originale.

Clément VII (1478-1534)

Pape de l’Église

Bâtard de Julien de Médicis et de son ultime maîtresse, il naît à Florence, sous le nom de Jules de Médicis. A l’adolescence, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem l’intègre. Dans les années 1490, il est promu chapelain. Par la suite, son cousin, le pape Léon X, le crée cardinal, et un fait l’un de ses conseillers majeurs.

Encore influent sous Adrien VI, il est candidat à sa succession, en 1523. A l’issue d’un des plus longs conclaves de l’Histoire (un mois et demi), il est préféré au cardinal Colonna, et est désigné pape, sous le nom de Clément VII. La médiation des cardinaux français facilite cette élection. Quant à Colonna, il est fait chancelier du Saint-Siège.

Perplexe face à l’influence grandissante de Charles Quint et du Saint-Empire en Europe, le nouveau constitue une alliance entre la France, l’Angleterre, Florence, Milian et Venise : la Ligue de Cognac. Pour l’affaiblir, Charles Quint agita la noblesse romaine contre le pape, et excite Colonna, le cardinal défait. En 1526, ce dernier fait envahir Rome. La basilique Saint-Pierre est alors mise à sac, et le pape doit se réfugier au château Saint-Ange.

Daniel Cohn-Bendit (1945- )

Homme politique franco-allemand

Né à Montauban, de parents allemands,  Daniel Cohn-Bendit choisit cette même nationalité à l’âge de quatorze ans. Epris d’idées libertaires durant l’adolescence, il fait ses études supérieures à l’Université de Nanterre, récemment créée. Il y acquière le surnom de « Dany le rouge ».

Figurant parmi les principaux instigateurs du mouvement étudiant de Mai-68, il est expulsé vers l’Allemagne par le Gouvernement, Cohn-Bendit s’y installe ensuite durablement. Il devient élu local des Grünen (Verts) à Francfort-sur-le-Main. C’est toujours aux noms des Verts allemands qu’il est désigné comme député au Parlement européen, en 1994. Mais dans le même temps, il est également influent sur la scène politique française, alors que se constitue un courant écologiste.

Euro-fédéraliste, il devient coprésident du groupe Verts/ALE. Aux élections européennes de 2009, il donne aux Verts le score inégalé depuis de 21 % dans la circonscription francilienne où il se présente. Mais il quitte progressivement la politique. Dès lors, Cohn-Bendit se dit favorable au capitalisme. Globalement apprécié de la gauche française, malgré des rivalités avec les autres figures écologistes, il est largement déprécié à droite et, surtout, à l’extrême droite, pour ses mœurs, sa rouerie et et sa participation capitale à Mai-68.

Jean-Baptiste Colbert (1619-1683)

Banquier et homme d’État français

Fils d’une famille de riches marchands de Reims, comptant également des banquiers, Jean-Baptiste Colbert effectue ses études dans un collège jésuite. Âgé de quinze ans, il est envoyé à Saint-Étienne, où il apprend le métier de la banque Il se familiarise ensuite avec le notariat, à Paris.

Jeune adulte, il assiste ensuite son cousin, commis du Département de la guerre. En 1640, la fortune paternelle lui permet l’achat d’une charge de commissaire ordinaire des guerres. De cette période, où Colbert inspecte les troupes, il gagne une grande notoriété auprès des officiers royaux. Cinq ans plus tard, sur recommandation, il devient conseiller privé du secrétaire d’État à la Guerre, François Sublet de Noyers.

Présenté au cardinal Mazarin, il bénéfice de la disgrâce de Fouquet pour devenir le principal ministre de Louis XIV. Éminence grise du roi, il devient à partir de 1665 l’unique contrôleur général des finances du royaume. Il est par la suite nommé de même comme secrétaire d’État de la Maison du roi, ce qui renforce son influence.

Christophe Colomb (1451-1506)

Navigateur génois

Né en Ligurie, il est fils de tisserand. Intéressé par les sciences, il lit l’Imago mundi de Pierre d’Ailly, en puise des idées sur les dimensions de la Terre. Devenu marin, il s’embarque en 1476 pour le Portugal, puis l’Angleterre. Son convoi étant attaqué par des Français, il doit se réfugier à Lagos.

Voulant passer l’Atlantique pour aller jusqu’aux Indes orientales et croyant à la rotondité de la terre, il tente d’en convaincre le roi du Portugal, mais sans succès. Il n’est pas plus heureux auprès de la reine de Castille, Isabelle. Sa demande est toutefois acceptée en 1491, malgré des conditions qui agacent la reine : Colomb veut être nommé vice-roi de toutes les terres qu’il pourrait découvrir. A cet effet, il signe l’année suivante les capitulations de Santa Fe avec les Rois catholiques, lui octroyant un nouveau titre, celui d’amiral de la Mer océane, en plus de celui de vice-roi.

Colomb part le 3 août 1492 de Huelva, avec trois bateaux et quatre vingt-dix hommes. Après une escale aux Canaries, il entre dans les Sargasses (16 septembre) et y perçoit des frondes d’algues indiquant qu’il se rapprochent de la terre ferme. Il l’atteint un mois plus tard, dans l’archipel des Bahamas, et y découvre un peuple : les Taïnos. Colomb effectue par la suite plusieurs voyages-retour, en 1493, 1496 et 1502.


  • D

Dampierre, Guy de — Danhauser, Josef — Desmoulins, Camille


► Guy de Dampierre (1226-1305)

Comte de Flandre et de Namur

Marqué dans son enfance par les luttes entre sa famille et celles des Avesne pour la possession des comtés de Hainaut et de Flandre, il est proclamé comte de Flandre, en 1253. Il rachète par la suite à Baudouin II de Courtenay le marquisat de Namur, malgré l’opposition  de Henri V de Luxembourg.

Dampierre poursuit la dynamique économique de ces prédécesseurs, favorisant l’industrie drapière flamande et le commerce de la laine avec l’Angleterre. Sa volonté de contrôler ses finances locales l’oppose au patriciat urbain, ce dernier soutenu à dessein par la France : Philippe III le Hardi puis, surtout, Philippe IV le Bel.

Josef Danhauser (1805-1845)

Peintre autrichien

Né à Vienne, Josef Danhauser est le fils d’un fabricant de meubles, doué en sculpture. Les talents de sculpteur de son père sont pour lui une première initiation à l’art. Le père Danhauser initie le fils au dessin, et l’envoie aux Beaux-arts de Vienne. En 1827, le jeune Danhauser se rend à Venise, où il étudie les maîtres italiens.

Après la mort de son père, il codirige la fabrique de meubles avec l’un de ses frères. Revenu à la peinture en 1833, Danhauser est sollicité par l’archevêché d’Eger. Primé par l’Académie de Vienne pour son Die Verstoßung der Hagar, il s’oriente vers la peinture de genre, il est nommé professeur de peinture historique. Danhauser en démissionne toutefois en 1842, pour un voyage prévu de longue date aux Pays-Bas.

Camille Desmoulins (1760-1794)

Avocat, journaliste et homme politique français

Boursier au collège Louis-le-Grand, Camille Desmoulins y fait la connaissance de Maximilien Robespierre. Il fait son droit et obtient son bacclauréat puis sa licence. Desmoulins prête serment d’avocat au Barreau de Paris en 1785. Mais sa carrière est d’abord handicapée par son bégaiement.

Intéressé par les idées nouvelles, il commence en 1789 la publication d’une feuille politique : Les Révolutions de France et de Brabant. Opposé au suffrage censitaire, il se rapproche de Georges Danton et est élu député à la Convention (1792). Cette amitié le perd, et il fait les frais du procès des dantonistes. Il est guillotiné en 1794.


  • F

François Ier — Fréron, Louis-Marie


François Ier (1494-1547)

Roi de France

Fils du comte d’Angoulême, Charles d’Orléans, il naît sous le nom de François d’Orléans. En tant que membre de la branche cadette des Valois, il n’est pas destiné au règne. Il succède toutefois à Louis XII (dont il n’est que petit-cousin, et au quatrième degré) en 1515, faute que le premier ait une descendance.

Prince de la Renaissance, se vivant comme humaniste, il favorise alors la diffusion des idées italiennes dans le royaume de France. Protecteur des Lettres, il promeut l’imprimerie, par la constitution d’un cabinet de livres à Blois, sorte de prototype des bibliothèques d’Etat. Par son ambassadeur à Venise, Guillaume Pellicier, il fait d’ailleurs acheter et reproduire un maximum d’ouvrages issus de cette riche république, foyer des arts et du commerce.

Rival de l’empereur Charles Quint, méfiant de Henri VIII d’Angleterre, il empêche le Saint-Empire d’enserrer complètement le royaume de France, malgré sa capture spectaculaire à Pavie (1525). Relâché par l’empereur moyennant la restitution du duché de Bourgogne, et l’abandon de ses velléités sur Naples, il reprend le combat. Mais son antagonisme avec Charles Quint favorise l’émergence de la Réforme protestante à partir des années 1530, tout en laissant les coudées franches à l’Empire ottoman en Hongrie.

Louis-Marie Fréron (1754-1802)

Journaliste et homme politique français

Fils d’un littérateur, Louis-Marie Fréron est le condisciple de Maximilien Robespierre et de Camille Desmoulins, au collège Louis-le-Grand. D’abord journaliste, il reprend le titre de son père, L’Année littéraire, et fait fortune grâce à cela. Aux premiers mois de la Révolution, il fonde L’Orateur du peuple.

Demandant l’exécution de Louis XVI, il devient président du club des Cordeliers. Actif durant l’assaut des Tuileries et les massacres de Septembre, il appelle le peuple à des exécutions sommaires. Paris le désigne comme député à la Convention, le 14 septembre 1792. Il siège à la Montagne, mais son rôle demeure minime.


  • G

Gaulle, Charles de — Goldmann, Lucien — Guidoni, Bernard — Guillemin, Henri


Charles de Gaulle (1890-1970)

Militaire et homme d’État français

Né à Lille, Charles de Gaulle est élevé dans une culture de grandeur nationale, à l’époque où la France désire « la Revanche » contre l’Allemagne. Il choisit une carrière d’officier. Combattant durant la Première guerre mondiale, il est fait prisonnier. Après-guerre, il se rapproche du maréchal Pétain.

Difficilement, il tâche de promouvoir l’usage des blindés. Promu général de brigade durant la Bataille de France, en mai 1940, il est nommé sous-secrétaire d’État à la Guerre. Refusant l’armistice, il part pour Londres le mois suivant, d’où il lance son appel du 18 -Juin, demandant aux Français de continuer le combat contre l’Allemagne. De Gaulle organise la Résistance depuis Londres et Alger, et grâce à l’appui de quelques colonies. Le CFLN qu’il constitue en 1943 est le premier maillon du gouvernement de la France libérée.

Revenu en France, il incarne aux yeux d’une majorité le libérateur de la Patrie, mais, se désolant du régime des partis, quitte le pouvoir. Il revient toutefois en 1947 avec sa propre formation, le RPF, et surtout, en 1958, à la faveur de la guerre d’Algérie, comme président du Conseil, puis président de la République. Il accepte l’indépendance algérienne et se fait réélire. Mais, contesté en Mai-68, il quitte le pouvoir au lendemain d’un référendum raté, l’année suivante.

Lucien Goldmann (1913-1970)

Philosophe et sociologue roumain

Né à Bucarest dans une famille juive, il s’intéresse durant son adolescence aux idées communistes. Mais, passionné par Léon Trotsky, il est toutefois exclu de l’Union de la jeunesse communiste (elle-même clandestine) en 1934. Piqué de sociologie, il effectue des études universitaires à Vienne.

Menacé en raison de sa judéité, Goldmann se réfugie en Suisse durant la Deuxième guerre mondiale. Après-guerre, il arrive à Paris, et entre au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Disciple de Georg Lukacs et ennemi d’Emil Cioran, il exerce une grande influence sur les lettres, dans un climat de domination marxiste sur la paysage intellectuel français.

Pour autant, Goldmann estime que le marxisme est dépassé, et doit donc viser son renouvellement. Contestataire du structuralisme (lequel entend les structures comme modèles théoriques organisant la forme de tout objet d’étude), Goldmann écrit beaucoup, notamment sur le sens de l’engagement révolutionnaire. Ainsi, dans son Dieu caché (1955), il explique que, selon lui, « la révolution, c’est l’engagement des individus dans une action qui comporte le risque, le danger d’échec, l’espoir de réussite, mais dans laquelle on joue sa vie ».

► Bernard Guidoni (1261-1331)

Ecclésiastique dominicain français, inquisiteur

Entré dans les ordres à dix-neuf ans comme novice, au couvent dominicain de Limoges, il devient prieur, à Albi, puis Carcassonne et Castres. Nommé inquisiteur de Toulouse (1308), il se manifeste par une opposition ferme contre les hérésies vaudoise et albigeoise, qu’il décrit dans différents textes.

En récompense de sa lutte contre les hérétiques, le pape Jean XXII le fait évêque de Lodève, en 1324, puis de Tui, en Galice. En parallèle de son oeuvre religieuse, il s’attache à écrire l’histoire de son ordre : c’est l’objet du Practica inquisitionis haereticae pravitatis, véritable manuel de l’Inquisition.

► Henri Guillemin (1903-1992)

Critique littéraire et historien contemporanéiste français

Historien spécialiste du XIXe siècle, Henri Guillemin est tout d’abord connu en tant que critique littéraire. Prenant le contrepied de ce qu’il qualifie d’« histoire bien-pensante » et passionné par la vérité, il n’en demeure pas moins partial vis-à-vis de certains événements et de certaines figures.

Proche de la Résistance, Guillemin est dénoncé en 1942 comme gaulliste. Après-guerre, il échoue à obtenir un poste en Sorbonne. Devenu attaché culturel à l’ambassade de France, en Suisse, il prend sa retraite en 1962. Commence alors une seconde carrière éclectique, où il présente des émission historiques télévisées sur la RTS suisse.


  • J

Jean — Jean d’Orléans le Bâtard — Justinien Ier le Grand


► Jean (vers 10-101)

Galiléen, apôtre du christianisme

Juif de Bethsaïde, en Galiée, disciple de Jésus, Jean est l’un de de ses apôtres. La tradition chrétienne lui attribue L’Évangile de Jean, de même que trois épitres, et L’Apocalypse. L’ensemble forme le corpus johannique, cependant que la nature exact de l’auteur demeure contestée, historiquement.

La figure de l’apôtre Jean pourrait en effet se confondre avec Jean le Presbytre, chrétien d’Éphèse.  La tradition lui attribue un prêche commun avec Pierre, en Samarie, puis la fuite, sous la pression des Romains. Exilé à Patmos, en 94, il y écrit L’Apocalypse.  Magnanime, l’empereur Nerva lui permet toutefois de revenir à Éphèse.

Jean d’Orléans le Bâtard (1403-1468)

Militaire français

Il naît de Louis d’Orléans (frère du roi Charles VI), dont il est un bâtard. Jean est élevé dans la famille légitime de son père. Il embrasse la cause du nouveau roi, Charles VII, se rangeant dans le camp des Armagnacs, contre les Bourguignons et les Anglais. En 1428, il vainc les Anglais à Montargis.

Jean obtient de siéger au Conseil royal, et se fait remarquer lors du siège d’Orléans, l’année suivante. Il y combat aux côtés de Jeanne d’Arc, et y obtient une victoire capitale contre les Anglais. Cette victoire est confirmée à Patay, en juin 1429. Après la mort sur le bûcher de la Pucelle, il soumet Chartres, puis reprend Paris aux Anglais, aux côtés du comte de Richemont. Pour ce dernier fait d’armes, il est fait grand chambellan de France en 1439, avec les honneurs de prince légitime.

Ce nouveau titre lui permet de dominer au sein du Conseil. Mais, mécontent du peu d’empressement du roi à libérer son demi-frère, Charles d’Orléans, il conspire dans les rangs de la Praguerie, aux côtés du dauphin (le futur Louis XI). Pardonné par le roi, dont il devient le lieutenant général, il met le siège devant Harfleur, en 1450, et, surtout, vainc à Formigny. Par la suite, il conquiert la Guyenne, jusqu’alors occupée par les Anglais.

Justinien Ier le Grand (vers 482-565)

Empereur byzantin

La jeunesse de Justinien est très mal connu. Simplement est-il admis qu’en tant que neveu de l’augustus (empereur) Justin, il est son protégé. Après la mort du premier, en 524, il devient d’ailleurs lui-même augustus, aux côtés de sa femme, Théodora, une ancienne courtisane. Il prend alors le titre de Justinien le Grand.


  • L

Le Bernin, Jean-Laurent — Louis Ier d’Orléans — Louis-Philippe — Louis XIV — Louis XVI


Jean-Laurent Le Bernin (1598-1680)

Sculpteur, peintre et architecte napolitain

Né à Naples, fils d’un sculpteur maniériste, il est très précoce dans son talent d’artiste. Le pape Paul V et en fait l’un de ses favoris. Devenu architecte officiel des Etats pontificaux, il est reconduit dans ses fonctions par Grégoire XV et Urbain VIII. Mais à partir des années 1640, Innocent X l’écarte quelque peu.

Ses premières pièces décoratives sont destinées à orner le jardin de la Villa Borghèse, à Rome. Influencé par la sculpture hellénistique (IV au Ier siècle avant Jésus-Christ), Le Bernin acquiert une grande renommée. Devenu roi de France, Louis XIV le remarque. Le monarque veut alors restructure le Palais du Louvre (1665). Le Bernin est alors reçu avec tous les honneurs, et réalise un buste royal. Mais ce passage de Bernin en France n’est pas si heureux que cela.

En effet, ses projets pour le Louvre n’ont pas de suite, dans un contexte plus général où l’influence artistique des Italiens décline en France. C’est finalement le projet de Claude Perrault qui est choisi par le roi. De même, la statue équestre de Louis XIV que réalise Le Bernin, est certes livrée, mais quelque peu mise sur le côté : si elle demeure à Versailles, elle est mal valorisée au sein du palais. Déçu, Le Bernin rentre en Italie, en 1665. Il travaille alors pour le nouveau pape, Clément IX. Il meurt à Rome, en 1680.

Louis Ier d’Orléans (1372-1407)

Prince capétien

Fils du roi de France Charles V le Sage, il naît à Paris. Comte de Beaumont et duc de Valois, il est par la suite fait duc de Touraine, à l’âge de quatorze ans, puis reçoit le duché d’Orléans en apanage. Frère du nouveau roi, Charles VI, il est son intime durant les quelques années où celui-ci règne normalement.

Le roi devenant fou, à partir de 1392, Louis d’Orléans entre en rivalité avec le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, lequel exerce une influence grandissante sur les affaires du royaume. Cette tension est à l’origine du conflit dynastique entre Armagnacs et Bourguignons. Tâchant de gagner en influence au sein du Conseil du roi, Louis fait l’acquisition du duché du Luxembourg en 1402, en marge des territoires bourguignons. Philippe s’attache en effet à mettre en place des Etats bourguignons concurrents du royaume de France, par une continuité territoriale de diverses petites possessions.

A la mort de ce dernier (1404), la tension ne retombe pas entre Louis d’Orléans et le successeur et fils de Philippe le Hardi, Jean sans Peur. Impopulaire, Louis perd de plus en influence au sein du Conseil. On l’accuse même de vouloir rompre la trêve avec l’Angleterre. Acculé politiquement, il tâche d’évincer les Bourguignons au sein du Conseil, en avril 1407. En retour, ceux-ci l’assassinent, six mois plus tard.

Louis-Philippe (1773-1850)

Roi des Français

Né à Paris sous le nom de Louis-Philippe d’Orléans, il est éduqué par la marquise de Rochambeau, puis par le chevalier de Bonnard. Il est fait duc de Chartres en 1785. Son père prend alors parti pour les idées nouvelles, qui donneront la Révolution. Devenu jeune adulte, Orléans s’inscrit aux Jacobins.

Entamant une carrière militaire, il prend le commandement du 14e régiment de dragons en 1791. Promu maréchal de camp, il bataille à Valmy puis à Jemmapes. Quelques semaines plus tard, son père, surnommé « Philippe-Egalité », vote la mort du roi Louis XVI. Les royalistes rejettent alors la famille Orléans. Mais, sentant le vent tourner, il choisit toutefois de rejoindre le général Dumouriez (1793).

Proscrit sous la Terreur, il fuit en Suisse, tandis que son père est exécuté et ses frères emrisonnés. Vivant en exil durant l’Empire, aux Etats-Unis puis au Royaume-Uni, il ne revient qu’en 1814. Tout en se distanciant du nouveau roi, Louis XVIII, il bénéficie à plein du milliard des émigrés. Les Trois glorieuses sont finalement sa chance, qui le voient être appelé au trône, comme roi des Français, en 1830. Il règne alors dix-huit ans, avant d’être renversé par une nouvelle révolution, laquelle proclame la Deuxième République. Exilé, il meurt à Claremont, dans le Surrey, en 1850.

Louis XIV (1638-1715)

Roi de France

Surnommé le Dieudonné, Louis XIV monte sur la trône de France en 1643, à cinq ans. Le contexte politique est fragile, car le roi doit endurer durant son enfance une révolte des grandes familles nobles : la Fronde. Il affermit son pouvoir et, en 1661, après la mort de son ministre, Mazarin, l’assume personnellement.

Édificateur d’un absolutisme de droit divin dans le long exercice (plus de soixante-dix ans) de son règne, Louis XIV, le « Roi-Soleil», impose l’obéissance aux Ordres et réduit l’influence janséniste, puis celle des protestants, par la révocation de l’Édit de Nantes, qu’il décide en 1685. Son célèbre « L’Etat, c’est moi. » dit tout de sa volonté de centralisation.

Gouvernant sans plus de ministres à partir de la mort du marquis de Louvois (1691), il veille à agrandir le territoire du Royaume, ce qui l’amène à affronter les Habsbourg. C’est la politique dite du « précarré », magnifiée par le dispositif défensif que constitue la Ceinture de fer de Vauban, maréchal de France.

Louis XVI (1754-1793)

Roi de France, puis des Français

Monté sur le trône à dix-neuf ans, Louis XVI commence son règne dans un contexte de grandes difficultés financières, après la participation française à la guerre d’indépendance américaine. Cette situation l’incite à instaurer un impôt direct et égalitaire, mais la noblesse de robe combat cette initiative.

Résolu à convoquer les États généraux en mai 1789 afin de lever l’impôt, il débride les exigences du Tiers-État, dont les électeurs font savoir leur mécontentement par le biais des cahiers de doléances, et dont les élus se constituent en Assemblée nationale, imposant une monarchie constitutionnelle. Acceptant d’abord les réformes, pour devenir « roi des Français », Louis XVI accumule les maladresses, à commencer par une tentative de fuite vers Montmédy, d’où il espère organiser une contre-révolution. Mais cette tentative est empêchée à Varennes, près de Verdun.

Déconsidéré par l’opinion et les parlementaires, il renâcle à déclarer la guerre aux princes allemands. Bousculé par l’Assemblée législative, il est notamment critiqué pour son application du véto (conformément à la possibilité lui tant donnée), d’où un surnom tenace : monsieur Véto. Finalement destitué après l’assaut des Tuileries, en août 1792, il est jugé par les députés de la Législative, qui votent la mort, sur le fil. L’ancien roi est guillotiné, le 21 janvier 1793.


  • M

Manès — Manuel Ier du Portugal — Metternich, Klemens von — Michaud, Joseph-François — Miranda, Francisco de — Mitterrand, François — Mommsen, Wolfgag


► Manès (216-275)

Théologien sassanide, prophète du manichéisme

Né près de Ctésiphon, issu d’un milieu chrétien elkasaïte (secte syncrétique promouvant la gnose) et lié par sa mère au pouvoir arsacide, il affirme subir des révélations. Jurant à deux reprises être en contact avec des anges, il quitte alors l’elkasaïsme, convaincu d’être un nouveau prophète.

A partir de 240, Manès tâche d’imiter la vie de Jésus. Il se met alors à prêcher dans les royaume indo-grecs. Théorisant une doctrine nouvelle, le manichéisme, qui oppose bien et mal, il la présente au roi sassanide Shapur Ier. En retour, le roi voit dans le manichéisme la perspective d’une religion unificatrice.

Manuel Ier du Portugal (1469-1521)

Roi du Portugal et des Algarves

Né dans la région de Setubal, à Alcocheste, à cause des ravages de la peste dans la capitale portugaise, Manuel est le fils du prince Ferdinand. Sa famille connaît les proscriptions et l’exil, dans un contexte de lutte de pouvoirs avec le roi Jean II. Son frère aîné, Diogo de Viseu, est même assassiné.

Mais la mort du fils du roi, et les difficultés pour ce dernier à faire reconnaître son bâtard, conduisent Manuel à être désigné comme héritier de la couronne, en 1495. Devenu roi du Portugal, il contribue au développement des monopoles commerciaux, à une époque où le Nouveau monde commence à peine à être découvert. Sous son règne, le Portugal bénéficie à plein de la découverte – fortuite – du Brésil, en 1500, par une escadre conduite par Pedro Cabral. Cette acquisition stratégique et d’autres, dans les Indes orientales, constituent la première phase de l’empire colonial portugais.

En termes de politique intérieure, Manuel s’affirme comme un monarque absolu, ne réunissant les Cortes qu’à trois reprises et raidissant sa tolérance initiale vis-à-vis des juifs. Réformateur de l’Etat, il modernise les systèmes judiciaire et fiscal du royaume, de même qu’il constitue un code de lois : les Ordenações manuelines. Manuel meurt en 1521, à Lisbonne.

Klemens von Metternich (1773-1859)

Homme d’Etat autrichien

Klemens Wenzel von Metternich naît à Coblence, en 1773. Filleul de l’archevêque-électeur de Saxe, il est lié par ce dernier au roi de France, Louis XVI. Etudiant le droit à l’Université de Strasbourg, il est le témoin des premiers événements révolutionnaires, notamment le sac de l’Hôtel de ville.

Epousant en 1795 la fille du chancelier Kaunitz, il connaît alors une ascension sociale accélérée. Metternich s’oriente alors vers la diplomatie, devenant ambassadeur d’Autriche, à Berlin, Saint-Pétersbourg, et, surtout, Paris. Dans la capitale française, où il est affecté à partir de 1806, il côtoie directement Napoléon. Estimant initialement que la France peut s’allier à l’Autriche, il se désillusionne rapidement, et les deux puissance s’affrontent. Après la défaite autrichienne à Wagram (1809), Metternich quitte Paris.

Il est alors nommé chancelier, et devient à ce titre le principal ministre du tout nouvel empereur d’Autriche, François Ier. Progressivement, Metternich gagne en influence.

Joseph-François Michaud (1767-1839)

Historien et journaliste pamphlétaire sarde, puis français

Né en Savoie (alors possession de la Sardaigne), Joseph-François Michaud effectue ses études au collège ecclésiastique de Bourg-en-Bresse. S’installant à Lyon en 1786, il y devient commis de librairie, et se pique d’écriture : il commet alors un Voyage littéraire au Mont-Blanc, sur sa région natale.

Partisan des idées nouvelles inspirées des Lumières, tout en restant fidèle à la Monarchie française, il devient journaliste. Michaud collabore à La Gazette universelle, puis au Postillon de guerre. Progressivement, il glisse vers les idées républicaines. En témoigne son poème de 1794, L’Immortalité de l’âme, rappelant Le Chant du départ : « Ah ! Si jamais des rois et de la tyrannie, mon cœur subit le joug impie… »

Ambigu, il se découvre royaliste après Thermidor An II et la chute de Maximilien Robespierre, donnant des articles à La Quotidienne. L’insurrection du 13-Vendémiaire (5 octobre 1795) le voit marcher aux côtés des royalistes, contre la Convention. Devant fuir après l’échec du coup de force, il trouve refuge dans la région de Chartres, est arrêté, emprisonné, mais s’évade. Condamné à mort par contumace, il fuit en Suisse. Il faut attendre 1810 pour le voir réhabilité, après un ralliement tardif à Napoléon Ier. Retiré de la politique, il se consacre à la rédaction d’une Biographie universelle, en une trentaine de tomes.

► Francisco de Miranda (1750-1816)

Militaire et homme d’État vénézuélien

Issu d’une famille aisée de Caracas, Francisco de Miranda, il part en Espagne en 1771 pour commencer une brillante carrière militaire. Après avoir notamment combattu durant la Révolution française, celle-ci le porte jusqu’au grade de généralissime de la République vénézuélienne nouvellement constituée.

Au printemps 1811, Miranda devient durant quelques semaines dictateur du Venezuela. L’année suivante, une contre-attaque espagnole le conduit à signer un armistice. Simon Bolivar, autre homme fort de la République, se sent trahi, et le fait livrer aux Espagnols, qui l’emprisonnent à Cadiz. Il y décède en 1816.

François Mitterrand (1916-1996)

Homme d’État français

François Mitterrand naît en 1916 à Jarnac, en Charente, dans une famille bourgeoise et plutôt conservatrice. Pensionnaire dans un collège privé d’enseignement catholique, il y excelle en histoire et en littérature. Bachelier en 1934, Mitterrand part pour Paris et s’inscrit en Faculté des lettres et de droit.

Engagé en 1939, il est envoyé sur la ligne Maginot, près de Montmédy. Blessé, il est fait prisonnier, puis envoyé dans un stalag. Evadé en décembre 1940, il regagne la France, passe à Saint-Tropez puis Vichy, où il obtient un emploi d’agent contractuel. Il est ensuite affecté dans le Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre. Parallèlement, il prend contact avec la Résistance, en 1942. Reçu par le Pétain, il est décoré de la Francisque. Rompant avec Vichy en 1943, il passe à la clandestinité, se rend à Londres et rencontre de Gaulle.

De retour en France, il entre au Gouvernement provisoire. Élu député, il est l’un des hommes forts de la Quatrième République. Opposant à de Gaulle, il semble compromis par l’affaire de l’Observatoire (1959), mais rebondit, publiant un pamphlet anti-gaulliste, Le coup d’Etat permanent, et parvenant à mette le Général en ballotage. Unissant la gauche, il échoue de peu face à Giscard. Il est finalement élu contre lui, en 1981. Mitterrand effectue alors deux septennats.

Wolfgang Mommsen (1930-2004)

Historien allemand

Petit-fils du célèbre historien antiquisant  Theodor Mommsen, il naît à Marbourg, en 1930. Mommsen se spécialise dans l’histoire allemande contemporaine, notamment le Printemps des peuples et la période de l’Empire allemand. Il enseigne à la Heinrich Heine Universität de Düsseldorf.

Parmi ses élèves les plus connus, figure Gerd Krumeich, historien majeur de la Première guerre mondiale. Il est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, dont un monumental Imperial Germany, publié en anglais. Ce livre retrace l’histoire de l’Empire allemand depuis ses prémices (la guerre austro-prussienne) jusqu’à l’écroulement de 1918, en s’intéressant aux aspects sociopolitiques et culturels.


  • O

Ojeda, Alonso de


► Alonso de Ojeda (1466-1515)

Explorateur et conquistador espagnol

Issu à la fois de la noblesse et d’un milieu pauvre, Alonso de Ojeda fait carrière aux côtés des ducs de Medina Sidonia. Par l’entremise de l’évêque de Burgos, il accompagne Christophe Colomb au Nouveau monde lors de son deuxième voyage (1493), se distinguant par sa dureté face aux indigènes.

De retour dans les Caraïbes en 1499, cette fois-ci pour son propre compte et aux côtés d’Amerigo Vespucci, il découvre un nouveau territoire près de l’embouchure de l’Orénoque, qu’il nomme Venezuela, par allusion à Venise. Empiètant sur les privilèges donnés à Colomb, il rentre en Europe l’année suivante.


  • P

Pétain, Philippe Philippe II l’Auguste Pie VI — Plessis de Richelieu, Armand du — Pompidou, Georges


Philippe Pétain (1856-1951)

Militaire et homme d’État français

Né à Cauchy-à-la-Tour, dans le Pas-de-Calais, au sein d’une famille de cultivateurs, Philippe Pétain est élevé par ses grands-parents. Adolescent, ému par les événements de la guerre franco-prussienne, il décide de devenir soldat. Doué en géométrie, il se fait remarquer, et intègre l’école militaire de Saint-Cyr en 1876.

Mal classé, il gravit lentement les échelons. Discret sur ses opinions, il devient l’aide de camp du général Brugère, dans un contexte de républicanisation de l’armée. Pétain confirme sa neutralité politique lors de l’affaire des fiches et de la séparation des Églises et de l’Etat. Ainsi, il se construit l’image d’un militaire à la fois républicain et rétif aux partis. Refusé au grade de général, il connaît une deuxième carrière, à la tête de la 4e brigade d’infanterie. Pétain est alors fait général, en 1914. Sous les ordres du maréchal Joffre, il est l’un des vainqueurs de Verdun. Ce fait d’armes l’élève au maréchalat.

Auréolé de prestige, il entame une carrière de diplomate, puis est appelé au pouvoir en 1940, en pleine guerre contre l’Allemagne. Décidant l’armistice, il obtient les pleins pouvoirs, puis engage la France dans la collaboration avec les nazis. C’est l’État français (régime de Vichy), qui devient l’autorité de fait de la France occupée, jusqu’en 1944. A la Libération, Pétain est jugé, condamné à mort, mais gracié.

► Philippe II l’Auguste (1165-1223)

Roi de France

Héritier du roi Louis VII, Philippe-Auguste monte sur le trône en 1180. Il s’intitule roi de France (rex Franciae), au lieu de l’ancien titre de roi des Francs.  Cette novation marque une étape cruciale de la constitution de l’Etat français. Rival de Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre il le vainc à Châlus-Chabrol, dans le Limousin.

Il est avant tout connu pour sa victoire décisive à Bouvines, en 1214, contre les Impériaux.  Ce triomphe le pousse ensuite à porter le combat contre Jean d’Angleterre. Consolidateur du royaume, il acquiert la Bretagne, la Champagne et l’Auvergne, et combat en parallèle l’hérésie albigeoise : les cathares.

Pie VI (1717-1799)

Pape de l’Église

Né Giannangelo Braschi, il est issu de la noblesse de Romagne. Élevé par les Jésuites, il étudie le droit civil et le droit canonique à l’Université de Ferrare puis devient secrétaire du cardinal Ruffo. La nomination de son maître comme doyen du Sacré Collège le fait devenir auditeur, et administrateur de diocèses.

La mort du cardinal Ruffo, en 1753, entraîne une nouvelle évolution de carrière : il est choisi comme secrétaire particulier du pape Benoît XIV, puis ordonné prêtre. Devenu maître de l’administration financière des Etats pontificaux sous Clément VIII, il est élevé à la dignité de cardinal-prêtre de Saint-Onuphre-du-Janicule, en 1773.

Avec le soutien de la France, il est élu l’année suivante comme pape, sous le nom de Pie VI. Il tâche alors de réduire le joséphisme dans le Saint-Empire, qui accroît l’influence de l’État sur les affaires religieuses et sociales. Mais ce sont surtout les conséquences de la Révolution françaises auxquelles il doit faire face : nationalisation des biens du clergé et constitution civile du clergé. Il condamne naturellement cette dernière, dans le cadre du Quod aliquantum, en 1791. Les révolutionnaires le privent de plus d’Avignon, territoire historiquement lié à la Papauté, annexé par la France. Ses relations avec la jeune république s’enveniment, suscitant la campagne d’Italie, en 1796.

Armand du Plessis de Richelieu (1585-1642)

Ecclésiastique et homme d’État français

Il naît à Paris dans une famille noble. Son père, capitaines des gardes du roi Henri IV, meurt alors qu’il n’a que cinq ans. Pris en charge par son oncle, Plessis de Richelieu est inscrit en 1594 au collège de Navarre, où il étudie la philosophie. Formé dans une académie équestre, il apprend également la voltige.

Cependant, Richelieu doit se tourner vers une carrière religieuse à partir de 1605. Son frère refusant l’évêché de Luçon, il doit donc l’exercer. Devenu docteur en théologie (1607), il s’affirme dans son diocès comme un catholique  réformateur. Par l’entremise de Denis Bouthilier, secrétaire particulier de la Régente, Marie de Médicis, l’évêque parvient alors à se faire élire comme député du clergé aux Etats généraux. Repéré par la reine, il entre alors à son service.

Toutefois, l’assassinat de Concini, en 1617, fragilise Richelieu. Exilé à Blois, puis à Coussay (près de Loudun), il est ensuite banni par le roi Louis XIII à Avignon. La réconciliation met plusieurs années à intervenir. Mais finalement, Richelieu, devenu cardinal, accède au Conseil du roi, en 1624. Le cardinal s’affirme progressivement comme un grand homme d’Etat, soucieux de réduire l’influence protestante dans le royaume, d’abaisser la Maison d’Autriche et de mettre la noblesse au service exclusif de la Monarchie.

Georges Pompidou (1911-1974)

Homme d’État français

Né à Montboudif, dans le Cantal, Georges Pompidou est fils d’instituteurs. Il est scolarisé à Albi, où son père enseigne. Brillant en grec et en français, Pompidou entre en classes préparatoires à Toulouse. Il milite alors à la Ligue d’action universitaire républicaine et socialiste (LAURS).

Reçu à l’ENS, il est par la suite major d’agrégation de lettres. Il devient enseignant à Marseille, puis à Henri IV, où il prépare les élèves à l’Ecole coloniale. Mobilisé en 1940 au 141e régiment d’Infanterie alpine, il est nommé comme officier de renseignement, dans la mesure où il parle allemand. Démobilisé, il retourne à Henri IV.

C’est par le biais d’un ami gaulliste que Pompidou entre en politique. Il devient alors chargé de mission à l’Éducation nationale auprès de Charles de Gaulle, qui en fait son homme de confiance. Après le départ du Général, il reste son conseiller. En 1958, lors du retour de De Gaulle, ce dernier en fait son directeur de cabinet. Puis Pompidou devient Premier ministre Fragilisé par les événements de Mai-68, il bénéficie toutefois du départ de De Gaulle. En 1969, Pompidou est élu président de la République. Son mandat — écourté — est notamment marqué par l’entrée du Royaume-Uni dans la CEE, la modernisation économique de la France et la création du Ministère de l’environnement.


  • R

Robespierre, Charlotte


Charlotte Robespierre (1760-1804)

Littératrice française

Sœur du célèbre Maximilien Robespierre, elle subit comme lui très tôt une situation d’orphelinat. De l’âge de huit à vingt-et-un ans, Charlotte Robespierre est boursière d’une institution de jeunes filles pauvres. Lorsqu’elle en sort, elle emménage à Arras, avec son frère, puis part avec lui à Paris, en 1792.

Joseph Fouché lui propose de l’épouser, mais Maximilien Robespierre s’y oppose. Brouillé avec le frère cadet, Augustin Robespierre, lors d’un voyage officiel de celui-ci à Toulon puis à Nice, elle reste toutefois très liée avec l’aîné, y compris politiquement. Après Thermidor An II (juillet 1794) et la chute des robespierristes, elle se croit menacée et, ce faisant, se cache tout en changeant son patronyme. Découverte et arrêtée, elle est libérée deux semaines plus tard par le Comité de sûreté général.

Devenue littératrice, tout en écrivant les mémoires de ses frères Maximilien et Augustin, elle se fait assez discrète. Pour autant, le pouvoir ne l’oublie pas. Ainsi, à partir de 1803, l’empereur, Napoléon Ier, lui attribue une aide périodique, par l’entremise de Fouché, alors ministre de l’Intérieur. Les gouvernements ultérieurs maintiennent d’ailleurs ce geste symbolique de considération. Charlotte Robespierre meurt en 1834, à Paris.


  • S

Sartre, Jean-Paul — Sonier de Lubac, Henri de


Jean-Paul Sartre (1905-1980)

Écrivain français, philosophe de l’existentialisme

Né à Paris, fils unique, Jean-Paul Sartre est élevé dans un milieu bourgeois : père enseigne de vaisseau, oncle polytechnicien, mère cousine du médecin Albert Schweitzer. Choyé, Sartre est toutefois orphelin de père à l’âge d’un an. Son grand-père l’éduque dès lors. La famille déménage à La Rochelle.

Sartre revient toutefois à Paris, après une maladie. Lycéen à Henri IV, il y rencontre Paul Nizan, puis part à Louis-le-Grand, d’où il prépare le concours d’entrée à l’École normale supérieure (ENS). Facétieux et dilettante, Sartre se politise, et s’essaie à l’antimilitarisme dans la revue de l’ENS. Mais, trop original, il échoue à l’agrégation de philosophie. Préparant de nouveau le concours, il rencontre Simone de Beauvoir. L’un et l’autres sont reçus. Dans ses lectures, il découvre Edmund Husserl, pionnier de la phénoménologie, qui l’inspire profondément.

Demandant une affectation au Japon, il est nommé au Havre, en 1931. Ce passage à vide est interrompu par la guerre. Pacifiste, Sartre s’engage dans la Résistance en 1941, malgré une attitude trouble vis-à-vis de l’occupant. Après la Libération, il se revendique comme philocommuniste et connaît la gloire, par la diffusion de ses idées existentialistes et sa revue : Les Temps modernes. Ce succès s’accompagne de celui du couple qu’il forme avec Beauvoir.

► Henri de Sonier de Lubac (1896-1991)

Théologien et cardinal français, jésuite

Entré dans la Compagnie de Jésus à l’âge de dix-sept ans, Henri de Sonier de Lubac passe son noviciat à Jersey, île anglo-normande, compte tenu du bannissement des congrégations qui sévit alors. Combattant durant la Première guerre mondiale, il est grièvement blessé à la tête, en 1917.

Ordonné prêtre, il devient professeur de théologie à Lyon. Ses années d’enseignement lui inspirent la rédaction d’un livre, en 1938 : Catholicisme, les aspects sociaux du dogme. Engagé dans la Résistance, il crée les Cahier du témoignage chrétien. Soupçonné de modernisme après-guerre, il doit quitter Lyon pour Paris.


  • T

Théodora — Thierry, Augustin


Théodora (vers 500-548)

Actrice et courtisane, puis impératrice byzantine

L’histoire personnelle de Théodora est avant tout connue par les témoignages (souvent contradictoires) de Procope de Césarée, historien officiant comme secrétaire du général Bélisaire. Il décrit une femme née vers 500 à Constantinople, dans le milieu du cirque et du pornéin, c’est-à-dire des bordels.

Il semble en effet que Théodore exerce la prostitution, puis la courtisanerie, en tant que maîtresse d’un haut fonctionnaire syrien, Hécébolus. Répudiée en 520, elle revient à Constantinople et demande asile à l’Église, puis se rend à Alexandrie et à Antioche. Dans cette dernière ville, elle rencontre une danseuse, Macédonia, influente informatrice de Justinien, alors neveu de l’augustus (empereur). Celle-ci coopte Théodora, qui rencontre Justinien et en devient la maîtresse officielle alors que celui-ci devient consul.

Afin que Justinien puisse se marier avec Théodora, il convainc son oncle empereur de l’élever au rang de patricienne et d’abroger la loi interdisant le mariage aux anciennes actrices (524). Justin mourant trois années plus tard, et Justinien étant désigné comme nouvel empereur byzantin, elle accède à une surface sociale et à un rôle politique inespéré pour une femme de sa condition. Participant aux Conseils d’État, elle l’inspire notamment sur le plan religieux.

Augustin Thierry (1795-1856)

Historien français

Né à Blois, il est le fils d’un bibliothécaire modeste. Collégien, il se distingue par ses résultats, obtient différents prix. Son niveau lui permet d’entrer à l’Ecole normale supérieure (ENS), en 1811. Bachelier-ès-lettres et sciences, il obtient par la suite une licence de lettres, diplômes rares pour son époque.

En 1813, après ses études, il part pour Compiègne, où il compte enseigner les humanités. Mais il revient vite à Paris. Républicain, il se rapproche de Saint-Simon, dont il devient le secrétaire et se revendique être le fils adoptif, sans tout partager du saint-simonisme. En effet, son vrai credo n’est pas l’engagement politique, mais la recherche historique. La lecture des Martyrs de Châteaubriand l’influence alors fortement.

Entré à la rédaction du Censeur en 1817, il incline par la suite aux idées libérales. Il y assure l’écriture d’articles historiques. Ses sujets sont variés (Grandes invasions, histoire de l’Angleterre médiévale, développement du parlementarisme…) mais toujours marqués par l’intérêt porté aux sources, ce qui est alors nouveau.


  • V

Vaudès, Pierre — Vespucci, Amerigo  Viansson-Ponté, Pierre


► Pierre Vaudès (1140-1217)

Marchand, prédicateur

Ce riche marchand lyonnais choisit de mettre ses ressources au service d’une traduction  de la Bible en langue vernaculaire, rendant les Ecritures plus accessibles. Donnant par la suite tous ses biens, il suit un idéal de pauvreté apostolique qui le conduit à fonder une fraternité des pauvres à Lyon.

Excommunié en 1184, le mouvement qu’il vient de créer – le valdésisme – est considéré comme schismatique puis hérétique, et donc interdit par l’Église. Les persécutions qui s’ensuivent conduisent Vaudès et les Vaudois à l’exil, en Italie et dans le Languedoc. Ultérieurement, les protestants le considèrent comme un précurseur.

► Amerigo Vespucci (1412-1512)

Commerçant florentin, navigateur

Né à Florence, mais se mettant au service de la Castille, Amerigo Vespucci est l’un des pionniers des voyages transatlantiques. Avec son patronyme, est nommé le continent du Nouveau monde : les Amériques, en 1507. Nommé comme Pilote majeur de Castille, il enseigne le maniement de l’astrolabe et du quadrant.

Après avoir découvert le Venezuela aux côtés d’Alonso de Ojeda, il s’investit à partir de 1509 dans le gouvernorat de Veragua, récemment constitué aux Antilles. Il y connaît un premier grand échec financier, qui discrédite beaucoup son image, et contribue à sa légende noire. Vespucci meurt trois ans plus tard, à Séville.

Pierre Viansson-Ponté (1920-1979)

Journaliste et homme politique français

Né en 1920 à Clisson, en Loire-Inférieure (actuelle Loire-Atlantique), Pierre Viansson-Ponté fait ses études chez les jésuites. Jeune adulte alors qu’éclate la guerre, il sert comme aspirant dans les chars durant la bataille de France. Après signature de l’armistice, il s’engage dans la Résistance.

Devenu docteur en droit à la Libération, il entre à l’Agence France-presse (AFP). Cofondateur avec Jean-Jacques Servan-Schreiber du journal L’Express en 1953,  proche des idées de Pierre Mendès France, il en devient le rédacteur en chef. En parallèle, il commente la vie politique pour Le Monde, successivement comme chef du service politique et rédacteur en chef adjoint. C’est dans ce journal qu’il écrit, en mars 1968 son célèbre Quand la France s’ennuie, article dont le titre semble ne pas présager les événements de Mai-68, mais qui en annonce pourtant quelques signes avant-coureurs.

Intellectuel prolifique, il s’engage politiquement, se faisant élire conseiller municipal à Bazoches-sur-Guyonne, dans les Yvelines. De même, il dispense des enseignements en Sorbonne et écrit différents livres sur la politique française de son temps : Risques et chances de la Ve République, Après de Gaulle, qui ?… Viansson-Ponté meurt en 1979, dans le 5e arrondissement de Paris, des suites d’un cancer.

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Walter, Gérard

► Gérard Walter (1896-1974)

Historien contemporanéiste français

Après un premier travail historique sur une histoire du communisme, en 1931, Gérard Walter se spécialise dans la Révolution française. De cet intérêt, naissent une multitude de livres : Hébert et le père Duchesne, La Révolution française vue par ses journaux, Histoire des Jacobins

On lui doit aussi des biographies novatrices de figures comme Marat, Robespierre, Babeuf ou Lénine. En parallèle, Walter est directeur du département des imprimés au sein de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à partir de 1939. Au-delà de ses écrits sur la Révolution, il contribue également à la réédition critiques d’anciens textes.