:: Biographies

  • A

Alain de Lille — Alexandre VII

Alain de Lille (vers 1117-1203)

Théologien cistercien français, poète

Paraissant avoir enseigné à Paris, Alain de Lille prend part au concile de Latran, en 1179. Littérateur de renom, il écrit notamment  le poème De planctu naturae (Les Lamentations de la Nature), satire morale à plusieurs niveaux de lecture, dépeignant les pêchés du genre humain et une nature personnifiée.

Il combat l’émergence de la philosophie scolastique, en animant une réaction mystique qu’il décrit dans le détail dans son Anticlaudianus. Selon lui, la raison, que guide la prudence, peut découvrir d’elle-même les vérités de l’ordre physique, devant se fier à la foi pour le reste. On lui doit l’une des premières descriptions (partiale) du phénomène cathare.

Alexandre VII (1599-1667)

Pape de l’Eglise

Alexandre VII, né à Sienne sous le nom de Fabio Chigi, grandit dans une famille illustre. Son propre père est le neveu du pape Paul V. Nommé inquisiteur à Malte en 1634, Chigi entérine la condamnation du jansénisme, à la suite d’Innocent X, et met les Provinciales de Blaise Pascal à l’Index.

Il représente les Etats pontificaux lors des négociations préparatoires aux traités de Westphalie, après la guerre de Trente ans. Par la suite, Chigi crée le vicariat apostolique de la Nouvelle-France. Dans ces deux tâches, il affirme avec vigueur une hostilité logique au protestantisme.

  • B

Babeuf, François Balthasar (von), Hans Barère, Bertrand Benoît XVI

François Babeuf (1760-1797)

Archiviste, journaliste et homme politique français

François Babeuf, plus connu sous son surnom de Gracchus Babeuf (en référence aux Gracques romains) travaille dès la sortie de l’enfance. A l’âge de douze ans, il est terrassier au canal de Picardie. Engagé comme apprenti à Flixecourt, près d’Amiens, il se spécialise en parallèle dans le droit féodal.

En 1781, il se met à son propre compte comme géomètre, à Roye. Inspiré par Jean-Jacques Rousseau et les Lumières, il théorise une doctrine de collectivisation des terres et promeut l’égalité parfaite des hommes. Accusé d’incitation à la rébellion, il est arrêté en 1790. Mais Jean-Paul Marat le fait libérer. Babeuf devient athée, et se lance dans un éphémère Journal de la Confédération, puis Le Correspondant picard, plus durable. Ces deux titres appuient notamment une propagande contre le suffrage censitaire.

Élu dans la Somme en 1792, il siège à gauche, parmi les Montagnards, bien que critique des robespierristes, dont il dénonce le « populicide » vendéen. Après Thermidor An II, il lance une nouvelle feuille, Le Journal de la liberté de la France, puis complote contre le Directoire. C’est la conjuration des Égaux, qu’il paie de sa vie, en 1797. Au XIXe siècle, ses suiveurs le considèrent, ainsi que sa doctrine (le babouvisme) comme précurseurs du communisme.

Hans von Balthasar (1905-1988)

Prêtre et théologien suisse, jésuite

Hans von Balthasar effectue ses études chez les Bénédictins, puis il se spécialise dans la philosophie, à Vienne. Se sentant appelé par Dieu lors d’une retraite spirituelle à Bâle, il s’engage dans un doctorat sur l’eschatologie dans la littérature allemande, tout en commençant son noviciat, dans la Compagnie de Jésus.

Ordonné prêtre en 1936, Balthasar refuse un poste à l’Université grégorienne de Rome. Resté à Bâle, il se lie à Henri Sonier de Lubac, ce qui l’ouvre à la patristique des Pères de l’Église, conçus comme répondant à quatre « notes » (exigences). Quittant la Compagnie de Jésus (1950), il ne prend pas part au IIe concile du Vatican.

Bertrand Barère (1755-1841)

Juriste et homme politique français

Né à Tarbes, dans un milieu bourgeois, Bertrand Barère est fils de procureur. Lui-même procureur, puis Premier consul de Tarbes, il est désigné comme président des représentants du Tiers, aux assemblées des Etats de Bigorre. En 1770, il débute des études de droit. Il devient avocat au Parlement de Toulouse.

Intégré à la noblesse par sa femme, Elisabeth de Monde, il améliore ses réseaux et est notamment coopté dans la franc-maçonnerie toulousaine, au sein de la Loge encyclopédique. Fortuitement parti à Paris en 1788, dans le cadre d’un procès familial, il fréquente la Société des Amis des noirs et, surtout, s’implique en politique. Élu député du Tiers en Bigorre, Barère crée un journal modéré : Le Point du jour. Après la nuit du 4-Août, symboliquement, il abandonne les droits seigneuriaux dont il jouit à Vieuzac.

Soutien d’une monarchie constitutionnelle, il se fait toutefois admettre au sein du club des Jacobins, avant de s’en détacher lors de la scission de ses éléments les plus modérés, donnant la Société patriotique de 1789. Il redevient par la suite député à la Convention nationale. Siégeant dans la Plaine, il se rapproche de Robespierre. Présidant la Convention à partir de décembre 1792, il refuse l’appel au peuple demandé par les Girondins puis intègre le Comité de salut public.

► Benoît XVI (1927- )

Prélat et théologien catholique allemand, pape de l’Église

Fils d’opposants au nazisme, Joseph Ratzinger, après avoir été forcé à intégrer les Hitlerjugend (Jeunesses hitlériennes) refuse à dix-sept ans d’entrer dans la Waffen-SS (armée de la SS), aspirant à entrer au séminaire. Il doit toutefois participer à l’effort de guerre au sein de la Wehrmacht, mais déserte.

Ordonné prêtre par le cardinal Faulhaber, il est nommé archevêque de Freising (1977). Élevé au cardinalat, il devient préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Conservateur, il est élu en 2005 comme pape de l’Église catholique, succédant à Jean-Paul II. Premier pape allemand depuis le XIe siècle, c’est également le premier à renoncer, en 2013.

  • C

Chávez, Hugo

► Hugo Chávez (1954-2013)

Militaire et homme d’État vénézuelien

Né dans une famille pauvre de la région de Barinas, Hugo Chávez rejoint l’armée à dix-sept ans. Intéressé par l’Histoire et la politique et tant par Bolivar que par la gauche péruvienne, il fonde un mouvement socialiste au sein de l’armée, en 1983 : le Movimiento bolivariano revolucionario 200 (MB 200).

Le MB200 tente un coup d’État en 1992. Chávez n’y prend pas part, mais il est emprisonné durant deux ans. Libéré, il consolide son assise, jusqu’à être élu président du Venezuela, en 1998. Constamment réélu, il manque d’être renversé en 2002, par le grand patronat. Réélu en 2006 et en 2012, il pratique une démocratie référendaire originale.

  • D

Dampierre, Guy de — Desmoulins, Camille

► Guy de Dampierre (1226-1305)

Comte de Flandre et de Namur

Marqué dans son enfance par les luttes entre sa famille et celles des Avesne pour la possession des comtés de Hainaut et de Flandre, il est proclamé comte de Flandre, en 1253. Il rachète par la suite à Baudouin II de Courtenay le marquisat de Namur, malgré l’opposition  de Henri V de Luxembourg.

Dampierre poursuit la dynamique économique de ces prédécesseurs, favorisant l’industrie drapière flamande et le commerce de la laine avec l’Angleterre. Sa volonté de contrôler ses finances locales l’oppose au patriciat urbain, ce dernier soutenu à dessein par la France : Philippe III le Hardi puis, surtout, Philippe IV le Bel.

Camille Desmoulins (1760-1794)

Avocat, journaliste et homme politique français

Boursier au collège Louis-le-Grand, Camille Desmoulins y fait la connaissance de Maximilien Robespierre. Il fait son droit et obtient son bacclauréat puis sa licence. Desmoulins prête serment d’avocat au Barreau de Paris en 1785. Mais sa carrière est d’abord handicapée par son bégaiement.

Intéressé par les idées nouvelles, il commence en 1789 la publication d’une feuille politique : Les Révolutions de France et de Brabant. Opposé au suffrage censitaire, il se rapproche de Georges Danton et est élu député à la Convention (1792). Cette amitié le perd, et il fait les frais du procès des dantonistes. Il est guillotiné en 1794.

  • F

Fréron, Louis-Marie

Louis-Marie Fréron (1754-1802)

Journaliste et homme politique français

Fils d’un littérateur, Louis-Marie Fréron est le condisciple de Maximilien Robespierre et de Camille Desmoulins, au collège Louis-le-Grand. D’abord journaliste, il reprend le titre de son père, L’Année littéraire, et fait fortune grâce à cela. Aux premiers mois de la Révolution, il fonde L’Orateur du peuple.

Demandant l’exécution de Louis XVI, il devient président du club des Cordeliers. Actif durant l’assaut des Tuileries et les massacres de Septembre, il appelle le peuple à des exécutions sommaires. Paris le désigne comme député à la Convention, le 14 septembre 1792. Il siège à la Montagne, mais son rôle demeure minime.

  • G

Guidoni, Bernard — Guillemin, Henri

► Bernard Guidoni (1261-1331)

Ecclésiastique dominicain français, inquisiteur

Entré dans les ordres à dix-neuf ans comme novice, au couvent dominicain de Limoges, il devient prieur, à Albi, puis Carcassonne et Castres. Nommé inquisiteur de Toulouse (1308), il se manifeste par une opposition ferme contre les hérésies vaudoise et albigeoise, qu’il décrit dans différents textes.

En récompense de sa lutte contre les hérétiques, le pape Jean XXII le fait évêque de Lodève, en 1324, puis de Tui, en Galice. En parallèle de son oeuvre religieuse, il s’attache à écrire l’histoire de son ordre : c’est l’objet du Practica inquisitionis haereticae pravitatis, véritable manuel de l’Inquisition.

► Henri Guillemin (1903-1992)

Critique littéraire et historien contemporanéiste français

Historien spécialiste du XIXe siècle, Henri Guillemin est tout d’abord connu en tant que critique littéraire. Prenant le contrepied de ce qu’il qualifie d’« histoire bien-pensante » et passionné par la vérité, il n’en demeure pas moins partial vis-à-vis de certains événements et de certaines figures.

Proche de la Résistance, Guillemin est dénoncé en 1942 comme gaulliste. Après-guerre, il échoue à obtenir un poste en Sorbonne. Devenu attaché culturel à l’ambassade de France, en Suisse, il prend sa retraite en 1962. Commence alors une seconde carrière éclectique, où il présente des émission historiques télévisées sur la RTS suisse.

  • J

Jean — Justinien Ier le Grand

► Jean (vers 10-101)

Galiléen, apôtre du christianisme

Juif de Bethsaïde, en Galiée, disciple de Jésus, Jean est l’un de de ses apôtres. La tradition chrétienne lui attribue L’Évangile de Jean, de même que trois épitres, et L’Apocalypse. L’ensemble forme le corpus johannique, cependant que la nature exact de l’auteur demeure contestée, historiquement.

La figure de l’apôtre Jean pourrait en effet se confondre avec Jean le Presbytre, chrétien d’Éphèse.  La tradition lui attribue un prêche commun avec Pierre, en Samarie, puis la fuite, sous la pression des Romains. Exilé à Patmos, en 94, il y écrit L’Apocalypse.  Magnanime, l’empereur Nerva lui permet toutefois de revenir à Éphèse.

► Justinien Ier le Grand (vers 482-565)

Empereur byzantin

La jeunesse de Justinien est très mal connu. Simplement est-il admis qu’en tant que neveu de l’augustus (empereur) Justin, il est son protégé. Après la mort du premier, en 524, il devient d’ailleurs lui-même augustus, aux côtés de sa femme, Théodora, une ancienne courtisane. Il prend alors le titre de Justinien le Grand.

  • L

Le Bernin, Jean-Laurent — Louis XIV — Louis XVI

Jean-Laurent Le Bernin (1598-1680)

Sculpteur, peintre et architecte napolitain

Né à Naples, fils d’un sculpteur maniériste, il est très précoce dans son talent d’artiste. Le pape Paul V et en fait l’un de ses favoris. Devenu architecte officiel des Etats pontificaux, il est reconduit dans ses fonctions par Grégoire XV et Urbain VIII. Mais à partir des années 1640, Innocent X l’écarte quelque peu.

Ses premières pièces décoratives sont destinées à orner le jardin de la Villa Borghèse, à Rome. Influencé par la sculpture hellénistique (IV au Ier siècle avant Jésus-Christ), Le Bernin acquiert une grande renommée. Devenu roi de France, Louis XIV le remarque. Le monarque veut alors restructure le Palais du Louvre (1665). Le Bernin est alors reçu avec tous les honneurs, et réalise un buste royal. Mais ce passage de Bernin en France n’est pas si heureux que cela.

En effet, ses projets pour le Louvre n’ont pas de suite, dans un contexte plus général où l’influence artistique des Italiens décline en France. C’est finalement le projet de Claude Perrault qui est choisi par le roi. De même, la statue équestre de Louis XIV que réalise Le Bernin, est certes livrée, mais quelque peu mise sur le côté : si elle demeure à Versailles, elle est mal valorisée au sein du palais. Déçu, Le Bernin rentre en Italie, en 1665. Il travaille alors pour le nouveau pape, Clément IX. Il meurt à Rome, en 1680.

Louis XIV (1638-1715)

Roi de France

Surnommé le Dieudonné, Louis XIV monte sur la trône de France en 1643, à cinq ans. Le contexte politique est fragile, car le roi doit endurer durant son enfance une révolte des grandes familles nobles : la Fronde. Il affermit son pouvoir et, en 1661, après la mort de son ministre, Mazarin, l’assume personnellement.

Édificateur d’un absolutisme de droit divin dans le long exercice (plus de soixante-dix ans) de son règne, Louis XIV, le « Roi-Soleil», impose l’obéissance aux Ordres et réduit l’influence janséniste, puis celle des protestants, par la révocation de l’Édit de Nantes, qu’il décide en 1685. Son célèbre « L’Etat, c’est moi. » dit tout de sa volonté de centralisation.

Gouvernant sans plus de ministres à partir de la mort du marquis de Louvois (1691), il veille à agrandir le territoire du Royaume, ce qui l’amène à affronter les Habsbourg. C’est la politique dite du « précarré », magnifiée par le dispositif défensif que constitue la Ceinture de fer de Vauban, maréchal de France.

Louis XVI (1754-1793)

Roi de France, puis des Français

Monté sur le trône à dix-neuf ans, Louis XVI commence son règne dans un contexte de grandes difficultés financières, après la participation française à la guerre d’indépendance américaine. Cette situation l’incite à instaurer un impôt direct et égalitaire, mais la noblesse de robe combat cette initiative.

Résolu à convoquer les États généraux en mai 1789 afin de lever l’impôt, il débride les exigences du Tiers-État, dont les électeurs font savoir leur mécontentement par le biais des cahiers de doléances, et dont les élus se constituent en Assemblée nationale, imposant une monarchie constitutionnelle. Acceptant d’abord les réformes, pour devenir « roi des Français », Louis XVI accumule les maladresses, à commencer par une tentative de fuite vers Montmédy, d’où il espère organiser une contre-révolution. Mais cette tentative est empêchée à Varennes, près de Verdun.

Déconsidéré par l’opinion et les parlementaires, il renâcle à déclarer la guerre aux princes allemands. Bousculé par l’Assemblée législative, il est notamment critiqué pour son application du véto (conformément à la possibilité lui tant donnée), d’où un surnom tenace : monsieur Véto. Finalement destitué après l’assaut des Tuileries, en août 1792, il est jugé par les députés de la Législative, qui votent la mort, sur le fil. L’ancien roi est guillotiné, le 21 janvier 1793.

  • M

Manès — Michaud, Joseph-François — Miranda, Francisco de

► Manès (216-275)

Théologien sassanide, prophète du manichéisme

Né près de Ctésiphon, issu d’un milieu chrétien elkasaïte (secte syncrétique promouvant la gnose) et lié par sa mère au pouvoir arsacide, il affirme subir des révélations. Jurant à deux reprises être en contact avec des anges, il quitte alors l’elkasaïsme, convaincu d’être un nouveau prophète.

A partir de 240, Manès tâche d’imiter la vie de Jésus. Il se met alors à prêcher dans les royaume indo-grecs. Théorisant une doctrine nouvelle, le manichéisme, qui oppose bien et mal, il la présente au roi sassanide Shapur Ier. En retour, le roi voit dans le manichéisme la perspective d’une religion unificatrice.

Joseph-François Michaud (1767-1839)

Historien et journaliste pamphlétaire sarde, puis français

Né en Savoie (alors possession de la Sardaigne), Joseph-François Michaud effectue ses études au collège ecclésiastique de Bourg-en-Bresse. S’installant à Lyon en 1786, il y devient commis de librairie, et se pique d’écriture : il commet alors un Voyage littéraire au Mont-Blanc, sur sa région natale.

Partisan des idées nouvelles inspirées des Lumières, tout en restant fidèle à la Monarchie française, il devient journaliste. Michaud collabore à La Gazette universelle, puis au Postillon de guerre. Progressivement, il glisse vers les idées républicaines. En témoigne son poème de 1794, L’Immortalité de l’âme, rappelant Le Chant du départ : « Ah ! Si jamais des rois et de la tyrannie, mon cœur subit le joug impie… »

Ambigu, il se découvre royaliste après Thermidor An II et la chute de Maximilien Robespierre, donnant des articles à La Quotidienne. L’insurrection du 13-Vendémiaire (5 octobre 1795) le voit marcher aux côtés des royalistes, contre la Convention. Devant fuir après l’échec du coup de force, il trouve refuge dans la région de Chartres, est arrêté, emprisonné, mais s’évade. Condamné à mort par contumace, il fuit en Suisse. Il faut attendre 1810 pour le voir réhabilité, après un ralliement tardif à Napoléon Ier. Retiré de la politique, il se consacre à la rédaction d’une Biographie universelle, en une trentaine de tomes.

► Francisco de Miranda (1750-1816)

Militaire et homme d’État vénézuélien

Issu d’une famille aisée de Caracas, Francisco de Miranda, il part en Espagne en 1771 pour commencer une brillante carrière militaire. Après avoir notamment combattu durant la Révolution française, celle-ci le porte jusqu’au grade de généralissime de la République vénézuélienne nouvellement constituée.

Au printemps 1811, Miranda devient durant quelques semaines dictateur du Venezuela. L’année suivante, une contre-attaque espagnole le conduit à signer un armistice. Simon Bolivar, autre homme fort de la République, se sent trahi, et le fait livrer aux Espagnols, qui l’emprisonnent à Cadiz. Il y décède en 1816.

  • O

Ojeda, Alonso de

► Alonso de Ojeda (1466-1515)

Explorateur et conquistador espagnol

Issu à la fois de la noblesse et d’un milieu pauvre, Alonso de Ojeda fait carrière aux côtés des ducs de Medina Sidonia. Par l’entremise de l’évêque de Burgos, il accompagne Christophe Colomb au Nouveau monde lors de son deuxième voyage (1493), se distinguant par sa dureté face aux indigènes.

De retour dans les Caraïbes en 1499, cette fois-ci pour son propre compte et aux côtés d’Amerigo Vespucci, il découvre un nouveau territoire près de l’embouchure de l’Orénoque, qu’il nomme Venezuela, par allusion à Venise. Empiètant sur les privilèges donnés à Colomb, il rentre en Europe l’année suivante.

  • P

Philippe II l’Auguste — Pie VI

► Philippe II l’Auguste (1165-1223)

Roi de France

Héritier du roi Louis VII, Philippe-Auguste monte sur le trône en 1180. Il s’intitule roi de France (rex Franciae), au lieu de l’ancien titre de roi des Francs.  Cette novation marque une étape cruciale de la constitution de l’Etat français. Rival de Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre il le vainc à Châlus-Chabrol, dans le Limousin.

Il est avant tout connu pour sa victoire décisive à Bouvines, en 1214, contre les Impériaux.  Ce triomphe le pousse ensuite à porter le combat contre Jean d’Angleterre. Consolidateur du royaume, il acquiert la Bretagne, la Champagne et l’Auvergne, et combat en parallèle l’hérésie albigeoise : les cathares.

Pie VI (1717-1799)

Pape de l’Église

Né Giannangelo Braschi, il est issu de la noblesse de Romagne. Élevé par les Jésuites, il étudie le droit civil et le droit canonique à l’Université de Ferrare puis devient secrétaire du cardinal Ruffo. La nomination de son maître comme doyen du Sacré Collège le fait devenir auditeur, et administrateur de diocèses.

La mort du cardinal Ruffo, en 1753, entraîne une nouvelle évolution de carrière : il est choisi comme secrétaire particulier du pape Benoît XIV, puis ordonné prêtre. Devenu maître de l’administration financière des Etats pontificaux sous Clément VIII, il est élevé à la dignité de cardinal-prêtre de Saint-Onuphre-du-Janicule, en 1773.

Avec le soutien de la France, il est élu l’année suivante comme pape, sous le nom de Pie VI. Il tâche alors de réduire le joséphisme dans le Saint-Empire, qui accroît l’influence de l’État sur les affaires religieuses et sociales. Mais ce sont surtout les conséquences de la Révolution françaises auxquelles il doit faire face : nationalisation des biens du clergé et constitution civile du clergé. Il condamne naturellement cette dernière, dans le cadre du Quod aliquantum, en 1791. Les révolutionnaires le privent de plus d’Avignon, territoire historiquement lié à la Papauté, annexé par la France. Ses relations avec la jeune république s’enveniment, suscitant la campagne d’Italie, en 1796.

  • R

Robespierre, Charlotte

Charlotte Robespierre (1760-1804)

Littératrice française

Sœur du célèbre Maximilien Robespierre, elle subit comme lui très tôt une situation d’orphelinat. De l’âge de huit à vingt-et-un ans, Charlotte Robespierre est boursière d’une institution de jeunes filles pauvres. Lorsqu’elle en sort, elle emménage à Arras, avec son frère, puis part avec lui à Paris, en 1792.

Joseph Fouché lui propose de l’épouser, mais Maximilien Robespierre s’y oppose. Brouillé avec le frère cadet, Augustin Robespierre, lors d’un voyage officiel de celui-ci à Toulon puis à Nice, elle reste toutefois très liée avec l’aîné, y compris politiquement. Après Thermidor An II (juillet 1794) et la chute des robespierristes, elle se croit menacée et, ce faisant, se cache tout en changeant son patronyme. Découverte et arrêtée, elle est libérée deux semaines plus tard par le Comité de sûreté général.

Devenue littératrice, tout en écrivant les mémoires de ses frères Maximilien et Augustin, elle se fait assez discrète. Pour autant, le pouvoir ne l’oublie pas. Ainsi, à partir de 1803, l’empereur, Napoléon Ier, lui attribue une aide périodique, par l’entremise de Fouché, alors ministre de l’Intérieur. Les gouvernements ultérieurs maintiennent d’ailleurs ce geste symbolique de considération. Charlotte Robespierre meurt en 1834, à Paris.

  • S

Sartre, Jean-Paul — Sonier de Lubac, Henri de

Jean-Paul Sartre (1905-1980)

Écrivain français, philosophe de l’existentialisme

Né à Paris, fils unique, Jean-Paul Sartre est élevé dans un milieu bourgeois : père enseigne de vaisseau, oncle polytechnicien, mère cousine du médecin Albert Schweitzer. Choyé, Sartre est toutefois orphelin de père à l’âge d’un an. Son grand-père l’éduque dès lors. La famille déménage à La Rochelle.

Sartre revient toutefois à Paris, après une maladie. Lycéen à Henri IV, il y rencontre Paul Nizan, puis part à Louis-le-Grand, d’où il prépare le concours d’entrée à l’École normale supérieure (ENS). Facétieux et dilettante, Sartre se politise, et s’essaie à l’antimilitarisme dans la revue de l’ENS. Mais, trop original, il échoue à l’agrégation de philosophie. Préparant de nouveau le concours, il rencontre Simone de Beauvoir. L’un et l’autres sont reçus. Dans ses lectures, il découvre Edmund Husserl, pionnier de la phénoménologie, qui l’inspire profondément.

Demandant une affectation au Japon, il est nommé au Havre, en 1931. Ce passage à vide est interrompu par la guerre. Pacifiste, Sartre s’engage dans la Résistance en 1941, malgré une attitude trouble vis-à-vis de l’occupant. Après la Libération, il se revendique comme philocommuniste et connaît la gloire, par la diffusion de ses idées existentialistes et sa revue : Les Temps modernes. Ce succès s’accompagne de celui du couple qu’il forme avec Beauvoir.

► Henri de Sonier de Lubac (1896-1991)

Théologien et cardinal français, jésuite

Entré dans la Compagnie de Jésus à l’âge de dix-sept ans, Henri de Sonier de Lubac passe son noviciat à Jersey, île anglo-normande, compte tenu du bannissement des congrégations qui sévit alors. Combattant durant la Première guerre mondiale, il est grièvement blessé à la tête, en 1917.

Ordonné prêtre, il devient professeur de théologie à Lyon. Ses années d’enseignement lui inspirent la rédaction d’un livre, en 1938 : Catholicisme, les aspects sociaux du dogme. Engagé dans la Résistance, il crée les Cahier du témoignage chrétien. Soupçonné de modernisme après-guerre, il doit quitter Lyon pour Paris.

  • T

Théodora

Théodora (vers 500-548)

Actrice et courtisane, puis impératrice byzantine

L’histoire personnelle de Théodora est avant tout connue par les témoignages (souvent contradictoires) de Procope de Césarée, historien officiant comme secrétaire du général Bélisaire. Il décrit une femme née vers 500 à Constantinople, dans le milieu du cirque et du pornéin, c’est-à-dire des bordels.

Il semble en effet que Théodore exerce la prostitution, puis la courtisanerie, en tant que maîtresse d’un haut fonctionnaire syrien, Hécébolus. Répudiée en 520, elle revient à Constantinople et demande asile à l’Église, puis se rend à Alexandrie et à Antioche. Dans cette dernière ville, elle rencontre une danseuse, Macédonia, influente informatrice de Justinien, alors neveu de l’augustus (empereur). Celle-ci coopte Théodora, qui rencontre Justinien et en devient la maîtresse officielle alors que celui-ci devient consul.

Afin que Justinien puisse se marier avec Théodora, il convainc son oncle empereur de l’élever au rang de patricienne et d’abroger la loi interdisant le mariage aux anciennes actrices (524). Justin mourant trois années plus tard, et Justinien étant désigné comme nouvel empereur byzantin, elle accède à une surface sociale et à un rôle politique inespéré pour une femme de sa condition. Participant aux Conseils d’État, elle l’inspire notamment sur le plan religieux.

  • V

Vaudès, Pierre — Vespucci, Amerigo

► Pierre Vaudès (1140-1217)

Marchand, prédicateur

Ce riche marchand lyonnais choisit de mettre ses ressources au service d’une traduction  de la Bible en langue vernaculaire, rendant les Ecritures plus accessibles. Donnant par la suite tous ses biens, il suit un idéal de pauvreté apostolique qui le conduit à fonder une fraternité des pauvres à Lyon.

Excommunié en 1184, le mouvement qu’il vient de créer – le valdésisme – est considéré comme schismatique puis hérétique, et donc interdit par l’Église. Les persécutions qui s’ensuivent conduisent Vaudès et les Vaudois à l’exil, en Italie et dans le Languedoc. Ultérieurement, les protestants le considèrent comme un précurseur.

► Amerigo Vespucci (1412-1512)

Commerçant florentin, navigateur

Né à Florence, mais se mettant au service de la Castille, Amerigo Vespucci est l’un des pionniers des voyages transatlantiques. Avec son patronyme, est nommé le continent du Nouveau monde : les Amériques, en 1507. Nommé comme Pilote majeur de Castille, il enseigne le maniement de l’astrolabe et du quadrant.

Après avoir découvert le Venezuela aux côtés d’Alonso de Ojeda, il s’investit à partir de 1509 dans le gouvernorat de Veragua, récemment constitué aux Antilles. Il y connaît un premier grand échec financier, qui discrédite beaucoup son image, et contribue à sa légende noire. Vespucci meurt trois ans plus tard, à Séville.

  • W

Walter, Gérard

► Gérard Walter (1896-1974)

Historien contemporanéiste français

Après un premier travail historique sur une histoire du communisme, en 1931, Gérard Walter se spécialise dans la Révolution française. De cet intérêt, naissent une multitude de livres : Hébert et le père Duchesne, La Révolution française vue par ses journaux, Histoire des Jacobins

On lui doit aussi des biographies novatrices de figures comme Marat, Robespierre, Babeuf ou Lénine. En parallèle, Walter est directeur du département des imprimés au sein de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à partir de 1939. Au-delà de ses écrits sur la Révolution, il contribue également à la réédition critiques d’anciens textes.