L’entrée de Charles VIII à Naples

Le contexte de la première guerre d’Italie

Le contexte de l’entrée de Charles VIII à Naples, le 22 février 1495, est celui de la première des guerres d’Italie. Celles-ci opposent pendant plus d’un demi-siècle les rois de France au Saint-empire romain germanique, pour le contrôle du royaume de Naples. La France estime en effet y jouir de droits héréditaires. Initialement opposée à la France, l’Angleterre la rejoint dans une coalition, en 1529. Celle-ci s’étend par la suite à l’Empire ottoman, ce qui scandalise les chancelleries européennes – cette synergie entre François Ier et Soliman le Magnifique est « l’alliance impie » – et tandis que le conflit concerne également le duché de Milan.

Pour rappel, jusqu’en 1442, le royaume de Naples fait partie de la Maison d’Anjou, laquelle est la maison cadette des Capétiens. Puis, Alphonse V le Grand (1396-1458) en prend le contrôle. La Maison d’Anjou guerroie alors plusieurs décennies durant pour reprendre pied à Naples. A la mort de l’avant-dernier représentant de cette famille, René d’Anjou, en 1480. Les droits sur Naples sont récupérés par le royaume de France.

Le nouveau roi, Charles VIII (1470-1498), s’appuie subtilement sur la faction du cardinal della Rovare (1443-1513), lequel compte déposer le pape. Afin de lancer son expédition en Italie, Charles VIII s’assure de l’alliance du duc de Milan.

L’expédition de Charles VIII

L’armée française s’élance de Grenoble, vers le 1er septembre 1494, avec l’idée, quelque peu utopique, outre une conquête du royaume de Naples, de refaire la croisade dans le but de reconquérir Jérusalem. Ce sont quelque quatorze mille hommes qui constituent l’expédition, dont des mercenaires gascons et suisses parmi les hommes de pied. L’ensemble est composé de soixante-dix canons – parmi les premiers du genre – à boulets de bronze et de cuivre.

Asti, dans le Piémont, est atteinte le 9. A Rapallo, une seconde expédition, franco-milanaise, conduite par le cousin du roi, Louis d’Orléans (1462-1515) et s’appuyant sur la marine, bat une armée de cinq mille Aragonais. La petite vérole retarde toutefois Charles VIII, qui ne peut entrer à Gênes que le 6 octobre.

Les Français se dirigent alors vers Naples. Le 20, ils prennent Mordano, en Romagne. Les massacres de civils favorisent la progression français, en terrorisant les Italiens. Ce faisant, Florence est conquise sans coup férir, le 17 novembre. Le roi y est accueilli par le prédicateur fanatique Jérôme Savonarole (1452-1498), que les Français installent alors au pouvoir.

Quittant Florence, où Savonarole met en place une théocratie, les Français entrent à Rome le 31 décembre. Acculé par les pillages et les massacres, le pape, Alexandre VI (1431-1503), est contraint de prêter un serment d’obédience au roi.

Le royaume de Naples, qui est le prochain territoire visé, devient fortement instable. Le roi, Alphonse II (1448-1498), abdique en faveur de son fils Ferdinand II (1467-1496), vers le 14 février 1495. Ce dernier, devant l’avancée des troupes françaises, s’enfuit, le 22 février. Les Français entrent alors dans la ville.

L’occupation de Naples

La noblesse napolitaine collabore facilement avec l’occupant français, par nostalgie de l’ancienne présence angevine. Les nobles agissent alors pour les Français, en qualité de condotierri. Mais le petit peuple est hostile à l’occupant.